nouvel an corée du sud

Célébrons Seollal, le Nouvel An coréen

7–10 minutes

Durant des siècles, les Coréens célébraient l’arrivée d’une nouvelle année selon le cycle de la Lune. Malgré l’adoption du calendrier grégorien, cette fête appelée Seollal a continué d’être célébrée. En effet, cette cérémonie séculaire a su traverser les époques et conserver son aspect traditionnel. Durant les festivités qui se déroulent sur 3 jours, les Coréens honorent ainsi leurs ancêtres, passent du temps en famille et se régalent de petits plats typiques. Seollal est l’une des fêtes les plus appréciées avec Chuseok, car elle découle de siècles de tradition et d’histoire. Découvrons ensemble cette célébration ancestrale dont seuls les Coréens ont le secret.

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L’histoire de Seollal, le nouvel an coréen

Une fête séculaire

Le calendrier lunaire a été adopté durant la dynastie Gogoryeo (918-1392). Suivant le cycle de la Lune, plusieurs fêtes ont été instaurées comme Seollal (설날), Chuseok ou l’anniversaire de Bouddha. Elle est alors devenue l’une des 9 fêtes majeures célébrées dans le royaume. Pendant des siècles, le peuple avait ainsi coutume de célébrer la nouvelle année, le jour de la deuxième nouvelle lune après le solstice d’hiver, appelé Dongji. Cependant, en 1896, le calendrier grégorien a été adopté, venant bouleverser les habitudes et le rythme de vie des Coréens. Il a donc été décidé que l’année commençait désormais le 1ᵉʳ janvier et se terminait au 31 décembre, dans un souci d’harmonisation avec le reste du monde.

Une conservation des traditions

Malgré l’imposition d’un nouveau calendrier, les Coréens ont décidé de conserver leurs traditions. Pendant des années, le pays a donc fêté 2 fois le nouvel an. L’arrivée des colonisateurs japonais est cependant venue perturber cet équilibre. En effet, la fête de Seollal a été jugée démodée et a été supprimée du calendrier. Les Coréens ont ainsi été contraints de renoncer à leurs coutumes et de suivre celles de l’occupant. Entre 1910 et 1945, seul le nouvel an solaire a donc été célébré. Néanmoins, en secret, de nombreuses familles ont continué de fêter Seollal pour préserver les traditions ancestrales et montrer leur résistance face à l’oppression ennemie.

Le renouveau de Seollal

Dès la fin de l’occupation, les lois et principes japonais ont disparu, mais il faudra attendre 1985 pour que le gouvernement coréen reconnaisse officiellement Seollal comme fête nationale. Quatre ans plus tard, 3 jours fériés ont été instaurés pour permettre à la population de se retrouver en famille et de perpétuer cette célébration séculaire. Aujourd’hui cette fête a retrouvé son prestige d’antan et est l’une des plus grandes cérémonies de l’année avec Chuseok.

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Les moments forts de la fête de Seollal

Des embouteillages monstres

À l’occasion de Seollal, les Coréens bénéficient de 3 jours chômés durant lesquels ils rentrent massivement dans leur ville d’origine. En effet, à l’instar de la fête de Chuseok, il est très difficile de réserver des tickets de bus ou de train tant tout est pris d’assaut des semaines à l’avance. La veille au soir, des milliers de voitures s’entassent ainsi sur les routes et créent des embouteillages monstres tout au long des festivités. 

Le respect envers les aînés

Sebae, la révérence traditionnelle

Parés de leur hanbok traditionnel, appelés « Seolbim » (설빔), les enfants commencent par montrer leur respect à leurs parents ainsi qu’à leurs grands-parents en effectuant une révérence complète, jusqu’au sol. Cette grande inclinaison porte le nom de sebae (세배). Pour bien la réaliser, les hommes doivent :

  • placer leur main gauche sur la droite au niveau de leur front,
  • s’agenouiller, 
  • mettre les mains sur le sol, 
  • toucher leurs mains de leur tête tout en plaçant leur pied droit au-dessus de leur pied gauche, 
  • se relever délicatement, 
  • placer les mains sur le ventre et s’incliner.

Il en va de même pour les femmes, à l’exception que le placement de leurs mains et de leurs pieds est inversé. En effet, les femmes devront positionner leur main droite sur leur main gauche et leur pied droit sous le gauche.

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Deokdam, échange des vœux

Il est malpoli de réaliser la révérence sans prononcer le moindre mot. C’est pourquoi les Coréens profitent de ce moment pour énoncer leurs vœux de bonheur pour la nouvelle année. Cet instant est appelé « Deokdam » (덕담). La phrase la plus prononcée est alors « Saehae bok mani badeuseyo » (새해 복 많이 받으세요) qui signifie « recevez le bonheur et la bonne fortune ». C’est un peu l’équivalent de notre «bonne année et bonne santé ».

Sebae-don, le moment préféré des petits et des grands

Seollal est une fête très appréciée des enfants, car ils se voient offrir une enveloppe garnie de billets, appelée « Sebae-don » (세뱃돈). Plus l’enfant est âgé, plus son enveloppe sera remplie. Les adultes profitent, quant à eux, de petites attentions de leurs proches :

  • chèques-cadeaux, 
  • argent, 
  • assortiments de produits luxueux comme du ginseng, du miel, produits de soins,
  • paniers garnis, 
  • etc.

Charye, le recueillement

Une fois le Sebae effectué, les familles se réunissent autour d’un autel dressé en l’honneur de leurs ancêtres. Celui-ci est garni de plats traditionnels, disposés avec soin. Des offrandes telles que du riz, des fruits et de l’alcool sont disposés pour honorer les proches disparus. Cette cérémonie nommée « Charye » (차례) est indépendant de toute religion. C’est pourquoi, la majeure partie des familles sud-coréennes pratique ce culte qui permet d’inviter les esprits à partager un moment familial.

Les plats traditionnels de Seollal

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Tteokguk, une soupe aux gâteaux de riz

À l’occasion du nouvel an, les Coréens servent des plats associés à des vœux de santé et de bonheur. Le premier d’entre eux est le « Tteokguk » (떡국), plat traditionnel et emblématique de Seollal. Cette soupe à base de gâteaux de riz, appelés « Garaetteoks », symbolise le passage à une nouvelle année. La longueur de ces tteoks symbolise alors la longévité, leur couleur blanche, la pureté et leur découpe en forme de pièce, la richesse.

Japchae, le plat des rois

Le « Japchae » (잡채) est un plat très apprécié des Coréens, mais très long à préparer. En effet, il est composé de nombreux ingrédients, parfois assez onéreux. C’est pourquoi ce mets a longtemps été réservé à la famille royale et aux yangbans fortunés. Aujourd’hui, c’est un repas servi lors des grandes fêtes comme Seollal ou Chuseok.

Jeons, les crêpes coréennes

Le « jeon » (전) est une sorte de crêpe coréenne avec une pâte garnie de poisson, de patates douces ou de courgettes. Il est généralement recouvert d’un œuf et de chapelure avant d’être baigné dans la friture. Ce plat est très apprécié des Coréens qui en dévorent en toutes circonstances. Il est d’ailleurs de coutume d’en manger les jours de pluie, accompagnés d’un verre de makgeolli.

Les jeux folkloriques les plus populaires à Seollal

Yutnori, un mélange de petits chevaux et de mikado à la cause coréenne

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Le « Yutnori » (윷놀이) est, sans conteste, le jeu le plus populaire de la nouvelle année. Il se joue avec 4 bâtons gravés, quelques pions, une feuille de papier et un crayon. Chaque joueur doit lancer les bâtons qui font alors office de dés. Le nombre de baguettes retournées face gravée vers le ciel, indique le nombre de cases que l’on peut franchir. Diverses indications peuvent également apporter des bonus ou des malus. Tous les pions d’une même équipe doivent être ramenés à la case départ pour remporter la victoire.

Jegichagi, l’envolée du pompon

Le « Jegichagi » (제기차기) est un jeu ancestral qui consiste à faire rebondir un pompon fait de papier, appelé « jeagi », sur la tranche intérieure de son pied. Celui qui parvient à réaliser le plus de rebonds gagne la partie. Un jeu qui semble simple, mais qui peut vite virer à la catastrophe si on manque d’équilibre.

Neolttwigi, de la bascule à la voltige

Le « Neolttwigi » (널뛰기) est un jeu de bascule quasi exclusivement pratiqué par des femmes. Cette pratique séculaire tirerait son origine de la dynastie Joseon. Debout à chaque extrémité d’une planche posée en équilibre sur un support, les joueuses sautent à tour de rôle pour envoyer leur partenaire dans les airs.

Godori, le poker coréen

Le « Godori » (고도리), aussi appelé «Go-stop » (고스톱) est un jeu de cartes est très populaire en Corée du Sud. Pratiqué tout au long de l’année, il est devenu l’emblème des réunions de famille. Ce jeu composé de 48 cartes rouges, nommées « hwatu » (화투) est souvent assimilé au poker. Même s’il est interdit de jouer aux jeux d’argent au pays du matin frais, certains se laissent aller à parier quelques wons. Pour remporter la partie, il faut cumuler des points en associant certaines cartes entre elles. Les règles du jeu sont assez complexes. Si vous êtes curieux, je vous invite à jeter un œil sur l’article de CapCorée qui vous expliquera tout en détail.

Comment profiter de Seollal en tant qu’étranger

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Durant Seollal, il est très probable que la majorité des magasins soit fermée. En effet, c’est l’une des fêtes les plus suivies avec la fête des moissons, à l’automne. Il est néanmoins possible de profiter des monuments historiques comme les palais de Gyeongbokgung, Changdeokgung ou Deoksugung qui restent ouverts. Vous pouvez également vous rendre dans des parcs à thèmes ou au village de Namsangol. Ce dernier propose des animations spéciales pour l’occasion.

Seollal est l’une des fêtes les plus importantes au pays du matin frais, très suivie par les Coréens. Cette célébration est alors l’occasion de se retrouver autour de bons petits plats et de jeux traditionnels. Si vous êtes de passage en Corée du Sud à cette période l’année, profitez de ces quelques jours pour apprécier le calme inhabituel de la mégapole de Séoul.

Mathilde Leroy

Sources
Seollal : le Nouvel An Lunaire Coréen – Korean coffee break
Sebae: 8 Things You May Not Know About This Unique Korean New Year Tradition – Best of Korea
Lorsqu’une amie coréenne me raconte son « Seollal – 설날 » – Korea.net

Pour en apprendre plus sur la culture coréenne, lisez nos articles sur l’histoire du tatouage en Corée du Sud !

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